Compost des Vaites : chiffres, anecdotes et enseignements locaux
Depuis l’installation des premiers composteurs collectifs aux Vaites, en 2017, les volumes récoltés sont parlants : en moyenne, plus de 2 tonnes de biodéchets par an et par site sont apportés par les habitants et valorisés (source : Ville de Besançon, bilan 2023). Cela représente l’équivalent de près de 4 bacs à ordures ménagères évités chaque mois.
Un jardinier du collectif raconte :
«Un jour, en été, on a tamisé le compost pour la saison des tomates. L’odeur était douce, la couleur d’un brun profond. On a retrouvé des petits bouts d’étiquettes d’orange, oubliées au passage, qui nous rappellent que même dans l’attention, l’erreur se faufile. Mais personne ne s’est plaint : c’est devenu une blague, la “surprise de saison”.»
Certains enfants, intrigués, viennent même “adopter” des vers de compost lors des distributions. Ce geste, même anodin, est déjà une porte vers des gestes plus larges — pailler son carré de salade, observer les vers de terre, ne plus jeter le trognon de pomme à la poubelle.
Sur la saison 2022/2023, le collectif jardinier note une amélioration visible de la fertilité : augmentation du rendement des cultures (jusqu’à +30 % pour certaines planches de courges et de tomates), meilleure résistance des jeunes plantations aux épisodes de canicule et multiplicité des pollinisateurs dans les haies fleuries.
Cette dynamique inspire aussi d’autres acteurs du quartier. L’école maternelle a lancé son propre bac, les commerçants voisins déposent ponctuellement leurs biodéchets… Le compost initie donc une dynamique vertueuse, de la graine à la ville, du jardin à la vie de quartier.