Un territoire fertile d’envies partagées

Au fil des années, le quartier des Vaites à Besançon s’est tricoté un visage unique, fait d’immeubles, de jardins, de sites inexplorés et de lieux à inventer. Rares sont ceux qui, traversant ses rues, n’ont pas remarqué les carrés colorés des jardins partagés. Ce sont de véritables petits mondes, cultivés à plusieurs, où poussent légumes oubliés, fleurs locales et liens humains. Mais comment, concrètement, un·e habitant·e (ou futur·e habitant·e) peut-il obtenir sa propre parcelle de ces futurs potagers collectifs ? Derrière l’apparente simplicité d’un bout de terre à cultiver se cachent des règles, des démarches… et beaucoup de convivialité.

Jardin partagé : à quoi s’attendre aux Vaites ?

Historiquement, les jardins partagés sont apparus à Besançon dans les années 1990, dans la lignée des mouvements de réappropriation urbaine initiés à New York ou Berlin (Rues du Durable). Ici, aux Vaites, cette aventure communautaire s’est matérialisée par la création du Jardin Partagé des Vaites, situé à la lisière du quartier, rue Alain Savary, face à la forêt. Un endroit vivant, faisant la part belle à la biodiversité, aux échanges de savoirs et au respect du rythme des saisons.

Quelques données : en 2023, le Jardin Partagé des Vaites regroupait près de 35 adhérents de tous âges – familles, seniors, jeunes couples, solitaires rêveurs – autour de 27 parcelles individuelles ou collectives (source : Besançon Citoyenne).

  • Chaque parcelle mesure entre 10 et 25 m² selon la disponibilité et les choix du groupe.
  • Il existe des espaces communs pour les cultures libres (framboisiers, courges, herbes aromatiques).
  • Les coûts d’adhésion sont modiques : entre 10 et 30 €/an (en 2023), selon la taille de la parcelle et la situation sociale.

Pourquoi s’engager dans un jardin partagé ?

Avant de se lancer, il faut sentir ce qui attire tant de personnes vers les jardins collectifs :

  • La convivialité : faire connaissance avec ses voisins, cultiver ensemble et, parfois, partager les récoltes.
  • L’apprentissage : pour petits et grands, se réapproprier les gestes simples du jardinage, la patience, l’observation des cycles naturels.
  • Le bien-être : nombreuses études montrent que mettre les mains dans la terre réduit le stress et entretient la santé physique (INRAE, 2020).
  • Le geste écologique : réduire les îlots de chaleur en ville, favoriser la pollinisation, limiter l’imperméabilisation et le gaspillage alimentaire (ADEME, 2021).

Certains jardins des Vaites accueillent aussi des ateliers, des visites pédagogiques et des événements conviviaux tout au long de l’année.

Démarches pour obtenir sa parcelle : étapes concrètes

Voici, étape après étape, le chemin à emprunter pour cultiver sa (petite) terre aux Vaites.

1. Identifier le jardin partagé du quartier

  • Le principal espace collectif référencé est le Jardin Partagé des Vaites, rue Alain Savary
  • Autres espaces ponctuels : jardins éphémères gérés par certaines associations (notamment en lien avec la mairie de Besançon ou l’espace associatif du quartier)

Pour être sûr de la disponibilité, mieux vaut contacter l’association gestionnaire. Le Jardin Partagé des Vaites est piloté par le collectif “Vaites en Jardin”, une antenne du Centre Pierre Mendès France.

2. Prendre contact avec le collectif

Divers moyens s’offrent à vous :

  • Se rendre sur place lors des permanences (souvent annoncées sur les panneaux du quartier ou la page Facebook du collectif)
  • Envoyer un e-mail (souvent affiché sur les panneaux de jardin, comptez 7 à 10 jours pour une réponse)
  • Passer via le Centre Pierre Mendès France, 3 rue Beauregard, qui peut fournir les infos de contact actualisées.

3. Découvrir le lieu et l’esprit collectif

Avant toute attribution de parcelle, il est d’usage de visiter le jardin avec un bénévole du groupe. Certains rendez-vous collectifs sont proposés : marché aux plantes, atelier compost ou simple “apéritif du jardin”.

  • Cela permet de saisir l’ambiance, la charte du lieu (biodiversité, respect des horaires, gestion du compost...), l’organisation concrète.
  • Le collectif insiste sur l’importance des échanges, la mixité, l’inclusion de chacun, quitte à adapter les tâches selon les disponibilités ou la santé des adhérents.

4. Remplir le formulaire d’adhésion

Après cette première rencontre et si l’envie persiste, il est temps d’adhérer : un formulaire simple à signer, parfois en version papier (disponible sur place ou à télécharger sur besancon.fr/jardins-partages). Ce document précise :

  • Nom, prénom, adresse et moyen de contact
  • Motivations (quelques lignes : famille avec enfants, jardinage thérapeutique, etc.)
  • Engagement à respecter la charte du jardin (zéro produit chimique, horaires collectifs, gestion de l’eau, esprit d’entraide)

5. Accepter les règles et participer à la vie commune

  • Chaque membre doit s’impliquer dans les tâches collectives : nettoyage des abords, arrosage tournant, assemblées de préparation au printemps et à l’automne.
  • Un planning est affiché : entretenir sa parcelle (désherbage, rotations, plantations) et s’entraider lors des chantiers communs.
  • Beaucoup de souplesse existe, mais l’entraide reste le moteur du jardin partagé.

6. Recevoir une parcelle, selon la disponibilité

La répartition des parcelles se fait traditionnellement au début du printemps, lors d’une réunion conviviale autour d’un café. Toutefois, certaines parcelles se libèrent en cours d’année : le collectif vous propose alors d’intégrer la liste d’attente.

En 2023, environ 10 % des parcelles ont connu un changement de main en cours d’année (source : collectif local). L’attente varie de quelques semaines à plusieurs mois, selon la rotation annuelle.

7. Payer sa cotisation

Le montant annuel reste modeste. L’argent recueilli sert :

  • Au renouvellement des outils en commun (arrosoirs, brouettes, bacs, composteurs)
  • À l’achat de graines, de plants à offrir aux nouveaux venus
  • À l’organisation des événements festifs (fête du printemps, bourse aux semences…)
Aucune dépense imposée en dehors de la cotisation : la récupération de plants et d’outils est au cœur de la démarche écologique.

Zoom sur : la charte des jardins partagés aux Vaites

Le fonctionnement repose sur l’adoption d’une charte précise, alignée avec celles proposées par le Réseau National des Jardins Partagés. Quelques extraits :

  • Respecter la biodiversité : non-usage de pesticides et d’engrais chimiques
  • Respect des horaires : le silence est privilégié le matin et le soir
  • Gestion collective de l’eau : récupération de l’eau de pluie en priorité
  • Partage des semences et des récoltes, si possible
  • Sensibilisation à la vie du sol, aux insectes auxiliaires, au compost
  • Ouverture aux personnes extérieures lors d’ateliers ou de visites guidées (écoles, séniors…)

L’accompagnement des nouveaux membres est réel : des mini-ateliers sont proposés au printemps (initiation à la permaculture, greffage, compostage domestique).

Adresses utiles et contacts locaux

Jardin/Structure Adresse / Site Web Contact
Jardin Partagé des Vaites ("Vaites en Jardin") Rue Alain Savary, 25000 Besançon Via Centre Pierre Mendès France – 03 81 87 80 60Facebook : @VaitesEnJardin
Centre Pierre Mendès France 3 rue Beauregard, 25000 Besançon Accueil physique, infos et relaiswww.besancon.fr
Ville de Besançon – Mission Nature en Ville 23 Rue de l’Orme de Chamars, 25000 Besançon 03 81 61 55 11Voir la rubrique « jardins partagés »

Ce qu’on y cultive, ce qu’on y partage

La spécificité des jardins aux Vaites se lit dans la diversité des plantes et dans l’accueil réservé à tous les niveaux de jardiniers. On y trouve, selon les années et la créativité de chacun :

  • Des tomates anciennes, haricots nains, cucurbitacées locales
  • Nombreuses variétés de fruits rouges (framboisiers, groseilliers, cassis)
  • Parfois des espaces partagés pour les expérimentations : spirale d’herbes aromatiques, tisanerie, hôtels à insectes
  • Des petits abris pour la biodiversité (refuges à hérissons, nichoirs à mésanges)

Ces potagers, plus qu’un lieu de culture, deviennent une boussole écologique locale. Ils inspirent aussi d’autres projets : bacs potagers urbains, micro-vergers, parcours éducatifs pour les écoles, et parfois des actions de compostage de quartier.

Des jardins partagés : entre attente et petites joies discrètes

Obtenir sa parcelle dans le quartier des Vaites, c’est rarement immédiat. Il faut parfois patienter, s’investir collectivement et composer avec la météo locale et les rotations annuelles. Ce délai, loin d’être un frein, tisse déjà les premiers liens : l’attente se fait en découvrant le quartier autrement, lors d’ateliers ou de fêtes de la saison, en glanant des conseils auprès des « anciens ».

Le secret des jardins partagés des Vaites ? Leur mélange d’humilité et d’ambition, de territoire et d’humanité. Un simple coin de terre, transformé en lieu de vie et de transmission, où la récolte la plus précieuse reste sans doute l’expérience partagée au fil des jours.

Pour aller plus loin sur le sujet, la mairie de Besançon propose chaque année un guide PDF actualisé consultable ici – une source précieuse pour découvrir d’autres initiatives, démarches et contacts.

Envie de rejoindre l’aventure ? Il suffit, parfois, de franchir la grille, de saluer, et d’oser demander où planter ses premiers radis.

En savoir plus à ce sujet :