Un quartier ouvert, mais encerclé : contexte géographique des Vaites

Avant de regarder comment on relie concrètement les Vaites aux secteurs voisins, il faut comprendre sa configuration : adossé à la forêt de Chailluz, limité à l’ouest par la rue de Vesoul, frôlant au sud les quartiers Battant et Clémenceau, il s’agit d’un quartier qui s’est longtemps développé en lisière de la ville. Aujourd’hui, plusieurs axes routiers — parfois imposants, comme l’avenue Léo Lagrange — tracent des frontières nettes. Cette position donne une ambiance à part, mais pose aussi un défi : comment tisser des fils doux et sécurisés entre ici et ailleurs ?

Cartographie des connexions piétonnes : principaux points de passage

Habitants et promeneurs peuvent circuler depuis (ou vers) les Vaites par différents chemins. En voici les grandes articulations :

  • Pont de l’Avenue Léo Lagrange : Ce point d’accès clé relie le sud des Vaites au quartier Clémenceau. Cet ouvrage, fréquemment emprunté par les piétons, pose néanmoins la question de la cohabitation avec des flux automobiles soutenus.
  • Rue de Trépillot : Elle connecte les Vaites à la zone industrielle du même nom et, au-delà, à la forêt de Chailluz via plusieurs petits chemins piétons semi-sauvages.
  • Chemin du Fort de Chailluz : Peu connu mais précieux pour les amateurs de nature, ce sentier part de la rue Picasso pour rejoindre la lisière boisée vers la Fontaine-Écu.
  • Rue des Vaites : Elle franchit la Savoureuse pour rejoindre le quartier Battant en offrant une traversée bucolique.
  • Passages informels : À divers endroits, des "trous" dans les clôtures ou la végétation facilitent la vie des riverains, preuves d’adaptations spontanées aux besoins réels.

On retrouvera sur le portail cartographique de Besançon un plan précis de ces flux.

Liaisons piétonnes vers les principaux pôles voisins

Se rendre au centre-ville à pied : trajet, durée, atmosphère

Partir des Vaites pour rejoindre le centre-ville de Besançon réserve quelques surprises. Comptez environ 25 minutes de marche paisible pour franchir l’avenue Léo Lagrange, contourner la maison du Peuple puis rejoindre la boucle du Doubs. Il existe principalement deux cheminements :

  • Par la rue des Vaites et l’avenue Léo Lagrange, en profitant du trottoir large mais peu abrité du bruit.
  • Par la rue de Vesoul, puis la rue du Caporal Peugeot avant de descendre vers la gare Viotte, en coupant par le square La Fayette. Ce parcours, un peu plus vallonné, permet un détour verdoyant.

Un point d’amélioration régulier évoqué lors des conseils consultatifs (voir la Ville de Besançon) : la qualité des traversées piétonnes, leur sécurité (signalétique, feux) et l’accessibilité pour tous (notamment personnes à mobilité réduite).

Connexion à la forêt de Chailluz : respirer à la lisière

Le quartier des Vaites est l’un des mieux lotis en matière de proximité immédiate avec la forêt. Plusieurs accès piétons sont possibles :

  • Depuis la rue de Trépillot : Plusieurs petits chemins informels permettent de rejoindre la forêt en quelques minutes – attention, ils ne sont pas toujours bien balisés, et deviennent boueux par mauvais temps.
  • Chemin du Fort de Chailluz : Offrant un accès direct au massif, ce sentier est apprécié pour son ambiance champêtre et sa fraîcheur estivale.
  • Depuis la rue de Vesoul : Un trottoir longe la voie avant d’aboutir à des accès verts, points de départ de nombreux circuits VTT et marche nordique (source : Randonnée Haute Bourgogne).

Dans la pratique, ces liaisons fonctionnent pour des balades, mais gagneraient à être valorisées par plus de signalétique et de mobilier urbain (bancs, points d’eau).

Liaisons piétonnes et mobilités douces : le réseau actuel et ses limites

Liaison Type de chemin Sécurité Points forts Points d'amélioration
Avenue Léo Lagrange Trottoir large, passages piétons Moyenne (circulation rapide) Rapide, direct Bruit, manque d’abri, danger perçu
Rue de Vesoul Trottoir, large accotements Correcte Accès quartiers voisins Peu d’espaces verts, traversées insuffisantes
Chemin du Fort de Chailluz Sentier de terre Variable (éclairage absent) Paysager, calme Inondable, boueux, peu accessible
Passages informels Sentiers créés par l’usage Faible (pas d’aménagement spécifique) Praticité, raccourcis Accessibilité, entretien

Une histoire et un ressenti : la piétonnisation, entre désir d’ailleurs et ancrage local

Marcher depuis les Vaites, c’est un peu jouer aux frontières : le plaisir de retrouver en quelques pas la fraîcheur d’un sous-bois, ou d’accéder à la vitalité urbaine de Besançon. D’après nos échanges avec les anciens du quartier, le rapport aux sentiers a toujours été vécu comme un privilège silencieux : on “descendait en ville” à pied pour le marché ou les courses, mais on “remontait au calme” le soir. Ce va-et-vient a nourri des habitudes discrètes. On pense à René, 76 ans, qui se souvient des enfants filant par les potagers de la rue Collinet, loin des voitures, pour emprunter le « sentier des moineaux » (aujourd’hui en partie réhabilité).

Les enquêtes menées par la Mission Mobilités de la Ville (source : dossier municipal 2022) pointent d’ailleurs que près de 32 % des habitants des Vaites privilégient encore la marche pour leurs déplacements internes et vers les quartiers limitrophes, chiffre supérieur à la moyenne bisontine.

Les projets et perspectives : vers un réseau doux et résilient

Portés par l’urgence climatique mais aussi par un goût partagé pour les mobilités lentes, les projets d’amélioration se multiplient :

  • Réhabilitation du chemin du Fort : Le projet « Chemins du quotidien », financé par la Ville et l’Agence de la Transition Écologique (ADEME), vise à rendre ce sentier praticable toute l’année et accessible aux personnes à mobilité réduite.
  • Mise en valeur des traversées sécurisées de l’avenue Léo Lagrange : Réaménagement en 2022 de certains passages piétons, avec ajout de feux et d’un « couloir vert » pour atténuer la coupure urbaine (source : Ville de Besançon).
  • Signalétique renforcée : Projet-pilote d’apposition de balises directionnelles pour les circuits de balade reliant les Vaites à la forêt et au centre-ville, en partenariat avec « Besançon à pied et à vélo ».
  • Espaces partagés et « rues aux enfants » : Initiatives ponctuelles, comme la fermeture temporaire à la circulation motorisée de certaines rues du quartier pour favoriser la convivialité et la redécouverte de la marche (voir Fondation de France).

Les attentes remontées lors du dernier Conseil Consultatif de quartier montrent l’intérêt pour des liaisons mieux intégrées au paysage, favorisant la biodiversité, la convivialité et la sécurité. Les habitants souhaitent un maillage piéton à la fois fonctionnel et agréable, qui serve l’écoquartier autant que la mémoire des anciens chemins.

Marcher, c’est (re)découvrir les Vaites autrement

Au fil des saisons, arpenter les liaisons piétonnes des Vaites, c’est ressentir la diversité du paysage bisontin : la rumeur douce de la forêt au nord, la rythmique citadine plus bas, les failles verdoyantes ou les percées inattendues sur la vieille ville. Les pieds ancrés dans un sol familier, chaque chemin parcouru parle du territoire que nous habitons, de ses forces et de ses fragilités, de l’imagination collective qu’il suscite.

Finalement, la manière dont les Vaites s’ouvrent aux quartiers voisins à travers ces sentiers n’est pas qu’affaire d’urbanisme fonctionnel : c’est une invitation permanente à explorer, ralentir et tisser du lien, avec la ville comme avec la nature.

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