La bicyclette au cœur d’une ville verte et reliée

Le vélo s’installe durablement dans le quotidien des Bisontin·es. À Besançon, les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2017 et 2022, la part des déplacements à vélo a progressé de 39 % (source : Observatoire des Mobilités Grand Besançon). Cette dynamique trouve un élan particulier dans des quartiers comme Les Vaites, à la croisée des ambitions urbaines, écologiques et du plaisir simple de circuler à deux roues. Natif ou nouvel arrivant, amateur de balades ou cycliste pressé ; partir des Vaites à vélo, c’est choisir de s’ancrer dans un paysage urbain en pleine évolution. Encore faut-il connaître les itinéraires les plus sûrs pour rejoindre le reste de la ville.

Comprendre la carte cyclable bisontine : atouts, limites, évolutions

À Besançon, la politique cyclable s’est structurée autour d’un “schéma directeur vélo”. Certains axes majeurs sont balisés et séparés de la circulation motorisée, tandis que d’autres restent à améliorer. Le quartier des Vaites, situé au nord-est du centre, est typique de ces quartiers semi-périphériques, ni totalement centraux, ni vraiment en périphérie, où chaque tracé compte.

  • Pistes cyclables dédiées : Segments protégés, peints ou bordés, principalement sur les grands axes.
  • Boulevards partagés : Voiries calmes mais sans séparation, où la cohabitation demeure la règle.
  • Voies vertes : Cheminements le long du Doubs, hors du trafic automobile.

Néanmoins, tous les quartiers ne bénéficient pas du même niveau d’infrastructure. D’après l’association Vélo Besançon, presque 70 % des cyclistes évitent certaines traversées jugées anxiogènes, même s’il existe des voies plus techniques reliant les Vaites et le centre-ville (source/forum Vélo Besançon).

Quels critères pour juger de la “sûreté” d’un itinéraire à vélo ?

La sécurité à vélo ne réside pas uniquement dans la largeur des pistes ; c’est une addition de facteurs distincts :

  • Présence de pistes ou bandes cyclables matérialisées
  • Nombre d’intersections complexes traversées
  • Densité du trafic motorisé et vitesse réelle observée
  • Qualité de l’éclairage et de la signalisation
  • Etat de la chaussée (déformations, gravillons, feuilles mortes...)
  • Sensibilisation des usagers et visibilité des cyclistes

Les retours d’expérience — qu’ils proviennent des associations (comme l’AF3V, la FUB, ou locale comme Vélo Besançon), ou encore des réunions de quartier — participent beaucoup à affiner les itinéraires conseillés.

Les itinéraires les plus protégés depuis les Vaites

1. Rejoindre le centre-ville historique

C’est l’itinéraire le plus pratiqué, et c’est aussi celui qui concentre le plus d’efforts de sécurisation. 

  1. Départ par l’avenue des Observatoires — L’avenue est équipée d’une bande cyclable de bonne largeur, séparée du flux motorisé dans le sens descendant. Prudence cependant lors de la traversée de la rue de Trey.
  2. Liaison Observatoires ➔ Pont de la République — À la sortie de l’avenue, passage obligé par le boulevard Winston Churchill : on y trouve des bandes cyclables peintes, mais la densité du trafic à certains horaires appelle à la vigilance.
  3. Franchissement du Doubs par le Pont de la République — Un classique, équipé d’une large piste partagée. L’arrivée place de la Révolution offre ensuite des arceaux sécurisés pour le stationnement.

Alternatives plus calmes : Longer le Doubs par la voie verte des Prés-de-Vaux reste très agréable. Ce parcours évite les grands axes et offre une immersion paysagère… Parfait pour celles et ceux qui ne sont pas pressés et veulent pédaler à l’écart des voitures. On rejoint alors le centre via le Quai Veil Picard ou par le pont battant.

Distance Dénivelé Temps (moyen) Particularités
2,2 km -40 m 12 min Le tronçon Observatoire → République est le plus fréquenté par les cyclistes des Vaites
2,4 km plat 15 min La voie verte offre une circulation apaisée, idéale pour les familles.

2. Accès à la Boucle et aux quartiers ouest (Battant, Chaprais, Saint-Claude)

  • Via avenue de l’Observatoire et Boulevard Foch — Ici, les pistes cyclables alternent avec des zones de circulation apaisée (Grand Besançon, schéma vélo). La prudence reste de mise lors de certains carrefours (notamment à la hauteur de la place Flore).
  • Traversée de Battant par la passerelle du tramway — Peu connue, cette option permet de quitter les axes routiers et d’aborder Battant côté piéton/vélo. Permet de gagner le quartier Saint-Claude en toute tranquillité.

Astuce : Les heures creuses (avant 7h45 ou après 19h) rendent ces traversées particulièrement sereines.

3. Rejoindre Temis, technopôle et École Supérieure (ESTA, ENSMM...)

  • Par la rue Sophie Germain — Les pistes cyclables existantes sont continues ; attention cependant à l’intensité du trafic bus aux heures de pointe.
  • Passage sous la rocade (N57) — Un passage assez bien aménagé, où la visibilité est bonne. Ce secteur accueille souvent des familles allant à l’école ou à Temis.
Distance Difficulté Temps (moyen) Points de vigilance
1,8 km facile 9 min Présence d’un arrêt de bus à forte rotation côté Germain

4. Vers Palente et la zone Est

L’accès à Palente depuis les Vaites s'opère par deux axes :

  1. Rue Henri Baigue puis avenue Carnot — Principalement des bandes cyclables sur voirie. Attention à la zone du lycée, très fréquentée à certaines heures par les voitures.
  2. Réseau secondaire (rue Champrond) — Conseillé le dimanche ; très peu de circulation automobile et passages partagés avec piétons. Parfait pour un itinéraire “découverte des jardins partagés”.

Bell ensemble, mais des points noirs subsistent

D’un point de vue collectif, la sécurisation du franchissement des grandes intersections demeure un enjeu.  Des études menées au niveau national par la FUB montrent que près de 60 % des accidents de cyclistes en agglomération ont lieu sur des carrefours à feux ou ronds-points. Deux zones sont régulièrement signalées par les cyclistes des Vaites :

  • Boulevard Winston Churchill / rue du Polygone : vitesse des voitures, manque de visibilité sur les cyclistes traversant.
  • Entrée de l’avenue des Observatoires : absence de continuité cyclable lors des chantiers ou manifestations.

Des travaux récents — la généralisation des zones à 30 km/h, par exemple — sont encourageants. Mais le ressenti d’insécurité peut subsister, surtout en hiver quand l’éclairage public faiblit ou en cas de chaussée dégradée.

Petites astuces d’habitant·es pour un vélo quotidien sans stress

  • Choisir intelligemment son heure : bien souvent, dix minutes de décalage dans son départ suffisent à transformer un trajet stressant en parenthèse enchantée.
  • Privilégier les trajets par la voie verte dès qu’une incertitude se présente. Quitte à allonger légèrement le chemin.
  • Bien signaler sa position avec des accessoires lumineux (veste réfléchissante, éclairage sur chaque roue). Le Code de la route impose des lumières blanches à l’avant et rouges à l’arrière (Service-public.fr).
  • Anticiper les intempéries : Les pistes du quartier, riches en arbres, peuvent vite devenir glissantes après la pluie ou couvertes de feuilles mortes à l’automne.
  • Prendre le temps, parfois, de s’arrêter et d’observer la vie d’un ruisseau, d’un jardin partagé, d’un écureuil…

Initiatives inspirantes et perspectives d’avenir pour le vélo à Besançon

La collectivité s’est engagée à résorber 95 % des discontinuités cyclables d’ici 2027 (source : Ville de Besançon/Grand Besançon). Des consultations citoyennes sont régulièrement organisées pour cartographier les attentes. Autre initiative : le dispositif “Cadence”, plateforme collaborative où chaque cycliste peut suggérer une amélioration ou signaler un point noir.

De plus, le “Plan Vélo 2023-2027” prévoit l’élargissement du réseau de voie verte jusqu’aux abords de l’écoquartier des Vaites, pour faciliter encore plus l’intermodalité avec le réseau tram et bus.

Apprendre en pédalant, oser le pas de côté

Circuler à vélo, ce n’est jamais tout à fait le même tracé, la même humeur ou la même lumière. Les itinéraires sûrs entre les Vaites et le reste de Besançon sont ceux qui conjuguent expérience collective, observation et adaptation. Choisir sa route à vélo, c’est souvent choisir de reconsidérer la ville à hauteur d’homme, à hauteur d’arbre — et de tracer, de coup de pédale en coup de pédale, un autre horizon pour nos déplacements.

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